Séminaire 2016 : regards croisés sur la sécurité des V.I.E

News Blog de l'Export

Séminaire 2016 : regards croisés sur la sécurité des V.I.E

Séminaire 2016 : regards croisés sur la sécurité des V.I.E

À l’occasion de son 4e séminaire annuel, le 1er décembre, Business France a invité des experts et des professionnels de la sécurité et de la sûreté à partager leurs expériences sur les mesures de protection à mettre en œuvre autour des V.I.E.


Chaque mois, entre 500 et 700 nouveaux V.I.E partent en mission à l’étranger sous l’égide de Business France. Ils sont aujourd’hui près de 9 500 à travailler partout dans le monde pour le compte d’entreprises françaises. Quelle que soit leur destination, pays limitrophe, supposé « sans risque », ou secteur jugé plus sensible – à l’instar de l’Egypte ou de l’Iran, à nouveau ouverts aux V.I.E depuis début décembre 2016 –, la question de leur sécurité constitue une préoccupation majeure, tant pour l’entreprise qui les emploient recrutent que pour Business France et ses ministères de tutelles, qui en assument la responsabilité juridique.

Au-delà des risques physiques se pose également pour ces jeunes hyperconnectés les problématiques inhérentes à la protection des informations et des données numériques.

Pour son 4e séminaire Grands Comptes, Business France a choisi de porter la réflexion sur cette thématique de la sécurité et de la sûreté des V.I.E. Représentants d’entreprises, partenaires : près de 160 invités ont assisté, le 1er décembre, aux deux tables rondes organisées au siège parisien de la rue Saint-Jacques. Sur la scène de l’amphithéâtre, experts et professionnels de la sécurité ont partagé leurs expériences au micro du journaliste Jean-Maurice Potier, animateur de cette matinée. 


Le bon sens avant tout

Les analyses et témoignages proposés ont été l’occasion de rappeler des principes de bon sens, mais aussi de venir à bout de certaines idées reçues. En effet, à l’heure où la menace terroriste est dans toutes les têtes, le danger ne se trouve pas toujours là où l’on croit et n’est pas forcément cartographiables. Au risque d’attentat imprévisible et désormais possible partout à chaque instant, Dana Purcarescu, du Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère des Affaires étrangères, oppose des risques en apparence plus anodins contre lesquels il est en revanche possible d’agir ; au premier rang desquels figure le risque routier, première cause de décès chez les Français à l’étranger. Certaines entreprises, à l’instar de Saint-Gobain, en arrivent à interdire à leurs V.I.E de prendre le volant dans certains pays. Plus globalement, les experts pointent l’ensemble des comportements à risques caractéristiques du public V.I.E « qui est à la fois jeune, peu aguerri à la vie d’expatrié, curieux, très mobile, économe et donc particulièrement vulnérable », résume Erwan Cottard de la Sûreté Groupe chez Engie. Un logement à bas coût dans un quartier populaire, un voyage incertain avec une compagnie aérienne blacklistée, de mauvaises habitudes en matière d’hygiène ou la pratique de sports extrêmes peuvent s’avérer, au final, beaucoup plus dangereux qu’une mission bien préparée et bien encadrée dans une région instable. 


Des leviers d’action

Quelles parades opposer à ces dangers ? Une bonne évaluation de la capacité d’autonomie du V.I.E au recrutement et la mise en place d’un accompagnement adéquat dans le pays ; une démarche de prévention et de sensibilisation efficace, tant avant le départ (journée d’intégration, entretien individuel sécurité…) qu’une fois sur place (encadrement, vigilance des équipes locales) ; et surtout une vraie coopération entre l’entreprise, les correspondants Business France et les pouvoirs publics. « En matière de sécurité, on ne peut pas travailler en silo », souligne Henri Castorès, en charge du suivi et des missions V.I.E chez Business France. D’autant plus qu’en comparaison avec certains autres pays européens, le réseau consulaire et diplomatique français reste très impliqué en matière de sécurité de ses ressortissants. « N’hésitez pas à nous interroger et à prendre conseil auprès de nous. Il n’y pas de question naïve ! », insiste Dana Purcarescu.


Vigilance numérique

Sur le volet numérique, la démonstration à l’écran d’un représentant de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) pointe une autre forme de vulnérabilité : celle des smartphones, tablettes et autres objets connecté. Une simple connexion wifi ou une clé USB programmée suffisent à « siphonner » des données personnelles ou confidentielles tandis que des bavardages intempestifs sur les réseaux sociaux peuvent mettre à mal la sécurité voire l’e-réputation de l’entreprise. Si des réponses techniques restrictives existent, Bruno Lalande (Renault) et Laurent Mereyde (Cindex/Technip) soulignent l’importance de la démarche pédagogique pour responsabiliser cette génération Y hyperconnectée qui peine à distinguer vie privée et vie professionnelle et se laisse parfois piéger dans les méandres du Web. Des serious games tels que Keep an eye out ou des formations spécifiques (telles que celles dispensées par la DGSI) constituent, de ce point de vue, des supports efficaces.


Quel que soit le domaine, physique ou numérique, tous les intervenants s’accordent pour dire que la sécurité ne doit pas constituer un frein, mais qu’elle doit, au contraire, accompagner le développement du business. Comme le rappelle Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’ANDRH, partenaire du séminaire, « la prise en compte des risques liés à la mission du V.I.E est bien sûr indispensable, mais elle ne doit pas faire oublier les formidables opportunités que représente la formule pour l’entreprise. » 



  • Publié le 13/12/2016
  • Catégorie: Volontariat International en Entreprise (V.I.E)