MEXIQUE : IMPLANTER L’INDUSTRIE DU FUTUR

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MEXIQUE : IMPLANTER L’INDUSTRIE DU FUTUR

MEXIQUE : IMPLANTER L’INDUSTRIE DU FUTUR

Le dimanche 1er juillet dernier, les élections générales organisées au Mexique - qui ont porté au pouvoir Andrés Manuel Lopez Obrador - ont braqué les projecteurs sur la 15e économie mondiale ; celle qui, entre influences du Nord et du Sud, a su imposer au monde son modèle d’ouverture et sa dynamique de croissance - modérée mais toujours solide. « Avec la crise pétrolière de 2014, le Mexique aurait pu marquer le pas comme la plupart des économies d’Amérique Latine, explique Philippe Garcia, Directeur Business France Mexique, Amérique Centrale et Caraïbes. Mais la force industrielle du pays ainsi que sa stabilité bancaire lui ont permis de conserver une croissance soutenue autour de 2,2%. »


UNE HÉGÉMONIE INDUSTRIELLE

De fait, le Mexique s’est positionné depuis longtemps sur le segment « usine du monde » convoitant ce titre à la Chine et plaçant le secteur manufacturier au cœur de sa balance commerciale :  86,5% des importations sont des marchandises à destination du secteur industriel et 64% des exportations non pétrolières sont des produits manufacturiers transformés. « L’économie mexicaine s’est largement construite autour de conglomérats articulièrement actifs dans les domaines de la mécanique, de l’énergie, des infrastructures, des télécoms ou de l’agroalimentaire… continue Philippe Garcia. Ce sont des groupes qui ont une force de frappe internationale, tels Femsa, Alfa, Bimbo, Cemex, Groupe Modelo, América Movil. Les fournisseurs français ont tout intérêt à se positionner en amont pour travailler plus étroitement avec eux. »


DES BESOINS TECHNOLOGIQUES FORTS

Car, bien que la France bénéficie au Mexique d’une image renforcée (les échanges entre les deux pays ont augmenté de 92% entre 2011 et 2016), les décideurs mexicains continuent de regarder vers l’Allemagne pour l’accompagner à l’aube de sa « révolution industrielle » (robotisation, numérisation, big data, intelligence artificielle, etc.). « Il y a une fenêtre de tir que l’écosystème français de l’Industrie du Futur ne peut pas laisser passer : la dynamique de transformation qu’engagent actuellement les conglomérats mexicains et leurs besoins en accompagnement qualifié et en solutions innovantes mondialement reconnues sur ces sujets. En plein contexte d’incertitude vis-à-vis des fournisseurs nord-américains, seule une stratégie groupée pourra permettre aux entreprises françaises de prendre cette place ! ».
Car l’un des freins à la dynamique d’exposition de l’offre française reste son éparpillement, là où l’Allemagne se montre particulièrement pionnière en matière de jeu collectif. « Les PME et ETI françaises devraient pouvoir bénéficier des liens déjà forts qui existent entre les grands groupes français et les industriels mexicains. »  Le Mexique compte en effet pas moins de 550 filiales françaises, au premier rang desquels Safran, Valeo, Faurecia, Dassault Systèmes, Danone, Sanofi, Saint-Gobain, Schneider Electric, Capgemini, Engie, Suez, etc… qui pourraient dès lors jouer le rôle de locomotives.


OUVERTURE, CONSOMMATION, IDE… LES NOMBREUX ATTRAITS DU MEXIQUE

Pour mobiliser l’offre française, Philippe Garcia et ses équipes organisent les 24 et 25 octobre prochains un Forum d’Affaires Franco-Mexicain à Monterrey, mettant en relation ces fameux grands groupes mexicains avec les PME et ETI françaises. Le choix de la capitale de l’Etat du Nuevo Leon n’est d’ailleurs pas anodin : siège de nombreux conglomérats, l’Etat assure aujourd’hui 8% du PIB du pays – soit l’équivalent de celui de l’Ukraine - et s’impose comme le 1er pôle industriel du Mexique. « Monterrey, c’est un des poumons du Mexique, mais aussi du continent américain tout entier. Au cœur d’un axe qui relie Puebla à la frontière nord-américaine en passant par Mexico, c’est un pôle économique important (le 2e du pays) qui illustre la volonté d’ouverture du pays du Nord au Sud ».

Une ouverture matérialisée par les nombreux accords commerciaux signés au cours des deux dernières décennies (l’ALENA en 1994, l’accord avec l’UE en 2000 et l’Alliance du Pacifique en 2011 avec Chili, Pérou et Colombie). Mais aussi par le poids important des investissements directs étrangers (IDE) dont le Mexique s’affirme le 15e bénéficiaire mondial, et qui, dirigés pour l’essentiel vers l’industrie (47%), ne cessent de se renforcer à la faveur des réformes économiques de 2014 (accroissement de la part d’investissements étrangers dans les télécommunications, les infrastructures et l’énergie).
« La France a signé alors de gros contrats dans les secteurs des hydrocarbures et des énergies renouvelables, mais aussi dans l’aéronautique ... un effet d’aubaine pour les PME et ETI sur le marché de la sous-traitance. »

Avec sa politique d’ouverture, le Mexique construit donc une image avantageuse pour les aspirants exportateurs français. Mais au-delà de l’atout extérieur, c’est bien le marché intérieur mexicain qui porte aujourd’hui le potentiel du pays : « Avec une population de 127 millions d’habitants, mais surtout une classe moyenne opulente de près de 25 millions de Mexicains qui consomment à l’identique des occidentaux – voire davantage – l’environnement économique est très favorables. Et, en tant que pôle urbain, Monterrey concentre une grande partie de ces promesses… » confirme Philippe Garcia.


LE FORUM D’AFFAIRES FRANCO-MEXICAIN DE MONTERREY

Le Forum d’Affaires franco-mexicain d’octobre visera donc à mettre en lumière ces opportunités, sans éluder les facteurs de risques qui peuvent parfois faire hésiter les exportateurs ou nécessiter un accompagnement. 3 ateliers thématiques seront ainsi organisés (Industrie du Futur, Efficacité énergétique, Agro 4.0) tandis que des temps d’échange avec les responsables Achats/Innovation/Stratégie des grands conglomérats seront prévus.


Pour s’inscrire ou s’informer : Forum d'Affaires à Monterrey



  • Publié le 10/07/2018
  • Catégorie: Amériques